Vendredi 9 septembre 2005

 

Est-ce que vous avez remarqué que dans les romans de Jean Giono, les nuages sont des espèces de gros bras qui  roulent dans des ciels menaçants ? Il n’y a pas qu’eux d’ailleurs, mais aussi les fleuves, les vents, les taureaux. L’univers de Giono est panique (c'est-à-dire dominé par le grand Pan) et tout y évolue, selon les circonstances, comme une menace à peine voilée, ou comme la promesse d’un espoir innommé.

Au milieu de tout cela, ses personnages fuient des dangers dont on n’a souvent qu’une idée vague, ou bien ils partent en quête de quelque chose qui les changera mais qu’ils ne savent pas nommer. Lorsque l’un d’eux lève les yeux sur les lointains, c’est un regard chargé des drames du monde panique qui s’y révèle. Le ciel qui gronde est dans ces yeux, la fureur bestiale des grands taureaux les assombrit, tout comme le cerf, aperçu à peine en lisière des forêts, y enfouit des mystères inquiétants.

La parole des hommes est brève et, partant, multiple, enrichie d’ellipses, d’allusions, de tout un non dit pesant, lourd, mais étonnamment vivant. Mais par-dessus tout, chacun d’eux exprime une douleur profonde, terrible, pathétique et c’est à la résolution de cette douleur que tout et tous s’épuisent. Ils y échouent souvent, les ciels n’ont pas d’horizon où se poser, les montagnes, témoins ombrageux (ce sont les orages qui les animent, les tempêtes et les torrents qui grondent) dominent toujours l’humanité de leur masse écrasante.

Cependant le verbe de Giono est limpide et clair, nul désespoir ne l’entache, ses caractères, si puissamment charpentés, inspirent une confiance immédiate, comme magnétique. J’aime ces hommes aux regards droits qui arpentent les grands chemins avec leurs lourdes chaussures et leurs vestes de velours côtelé, j’aime la vigueur intemporelle de ces récits que l’anecdote ne distrait pas.

 
 
 

Ti, septembre 2005

 

par Ti publié dans : Errer parmi l'azur...
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 26 août 2005
Ces quelques remarques sont issues d' une réponse que j'ai fait un jour à Chti160 sur XLD à propos de la façon d'appeler une procédure en lui passant des paramètres

Peux tu me dire si dans cette expression, les parentheses sont utiles ou pas
expression.AutoFill (Destination, Type) et si oui quelle est leurs signification

Non, ici les parenthèses ne sont pas utiles (quoique, on verra quelques lignes plus bas)
En fait, quand on appelle une procédure (ou une méthode) qui ne renvoie aucune valeur, et qu'on lui passe des paramètres, il n'y a pas à mettre les parenthèses

Ex :

Sub Appel(V As Double)
  '...
End Sub

Sub Test()
Dim D as Double
  Appel D
End Sub

Mais si on appelle une fonction (donc une procédure qui renvoie une valeur) et qu'on lui passe des paramètres, ceux-ci doivent être placés entre parenthèses

Ex :

Function Appel(V As Double) As Double
  '...
End Function

Sub Test()
Dim D as Double, F as Double
  F = Appel(D)
End Sub

Maintenant, petite astuce. Quelquefois, vous voulez appeler la procédure du haut, qui attend un argument Double et dans votre procédure appelante, votre variable est d'un autre type, disons Long. Ca donnera ça :

Sub Appel(V As Double)
'...
End Sub

Sub Test()
Dim D as Long
  Appel D
End Sub

Ecrit comme ceci votre programme vous renverra une erreur de compilation, parce que V est un argument par référence, il attend donc une variable Double. La parade à cela pourrait être d'écrire :

Sub Test()
Dim D as Long
  Appel Cdbl(D)
End Sub

ou encore plus simplement

Sub Test()
Dim D as Long
  Appel (D)
End Sub

On constate que le simple fait de mettre D entre parenthèses rend le transtypage automatique, ou plus exactement, il transmet le paramètre par valeur et non plus par référence, comme l'indique la déclaration de la procédure Appel.

ça marche aussi avec une fonction, en doublant les parenthèses alors :

Function Appel(V As Double) As Double
  Appel = V - 3.5
End Function

Sub Test()
Dim D As Long, F As Double
  F = Appel((D))
End Sub


Attention toutefois aux effets indésirables : si une variable est passée par référence à une procédure, ça peut être pour accélerer le traitement (parce que ça va plus vite que quand on passe l'argument ByVal), mais ça peut être aussi parce qu'on applique un certain traitement à la variable D définie dans Test, donc qu'on s'attend à ce que celle-ci nous revienne modifiée.

Bon, en général, c'est nous qui écrivons nos macros, nous sommes supposés savoir ce que nous faisons. C'est pourquoi dans le cas ci-dessus, je me simplifierai bien la vie en écrivant directement :

Function Appel(ByVal V As Double) As Double
  Appel = V - 3.5
End Function

Mais beaucoup de méthodes intégrées de VBA attendent des arguments par référence, alors l'astuce ci-dessus pourra peut-être vous simplifier la vie un jour, moi ça m'est déjà arrivé.

Ceci dit, pour conclure, lorsqu'on envoie une variable à une autre procédure pour la modifier (comme dans l'exemple 1), je recommanderai plutôt l'écriture sous forme de fonction, comme dans mon deuxième exemple, et alors je pourrai écrire plus simplement :

Function Appel(ByVal V As Double) As Double
  '...
End Function

Sub Test()
Dim D as Long, F as Double
  F = Appel(D)
End Sub

De plus mon argument D est passé ByVal, il n'y a plus d'erreur à craindre, et le résultat est récupéré dans une variable (F) du bon type cette fois.


 
par Ti publié dans : Sur Excel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 29 juillet 2005

Vous avez, chères amies, de ces visages de pierre. Réveillez, réveillez vos beaux visages flous. Vos regards sont à l'image du temps, la brume les envahit et vous arborez des airs si  pensifs.

Souriez, souriez, beaux regards songeurs. Vos voyages sont doux et vos pensées s'envolent, à l'entour des mots qui vous bercent, des paysages se déroulent, comme en un voyage rêveur, et vous dispersent.

Charmants nuages qui flottez, en ces détours incertains, déposez vos lambeaux de pensées, déposez. D'arpenteuses saisons se modulent auprès de vos intérieures divagations et vous occupent, et vous dispersent. Il y a en vous des nuages qui se déclinent.


(Chœur) " Nous avons vu naître des journées, matins aux aubes mordorées, rayons chauds. Nos regards se sont tournés, tels fumerolles légères au vent chavirées, vers la lumière rougie de l'instant.

Il y avait des routes, sinueuses, chemins dédoublés, elles montaient haut. Nous, du bas, nous regardions les routes longues. Nous n'en espérions nulle fin. Elles étaient hautes, loin, et peu d'ombre. On les voyait toutes, nos regards embrassaient ces jalons, nous ouvrions grands les yeux.

Plus loin, des couleurs s'instillaient sur pupilles. Tonalités brèves, tout vibrait uniment. Un son coloré s'étirait par delà des gammes closes, en échappée légère. Peu d'ombre autour, déjà de la chaleur.

A l'opposé, vers d'autres, en retour brusque, rien. Du vide."


Mais déjà des ombres, en zone froide, s'amoncellent, noires,  par-dessus nos visions belles. Que sont ces ombres, amies farouches, qui vous troublent ?

par Ti publié dans : Errer parmi l'azur...
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Catégories

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus