Errer parmi l'azur...

Vendredi 9 septembre 2005 5 09 /09 /Sep /2005 00:00

 

Est-ce que vous avez remarqué que dans les romans de Jean Giono, les nuages sont des espèces de gros bras qui  roulent dans des ciels menaçants ? Il n’y a pas qu’eux d’ailleurs, mais aussi les fleuves, les vents, les taureaux. L’univers de Giono est panique (c'est-à-dire dominé par le grand Pan) et tout y évolue, selon les circonstances, comme une menace à peine voilée, ou comme la promesse d’un espoir innommé.

Au milieu de tout cela, ses personnages fuient des dangers dont on n’a souvent qu’une idée vague, ou bien ils partent en quête de quelque chose qui les changera mais qu’ils ne savent pas nommer. Lorsque l’un d’eux lève les yeux sur les lointains, c’est un regard chargé des drames du monde panique qui s’y révèle. Le ciel qui gronde est dans ces yeux, la fureur bestiale des grands taureaux les assombrit, tout comme le cerf, aperçu à peine en lisière des forêts, y enfouit des mystères inquiétants.

La parole des hommes est brève et, partant, multiple, enrichie d’ellipses, d’allusions, de tout un non dit pesant, lourd, mais étonnamment vivant. Mais par-dessus tout, chacun d’eux exprime une douleur profonde, terrible, pathétique et c’est à la résolution de cette douleur que tout et tous s’épuisent. Ils y échouent souvent, les ciels n’ont pas d’horizon où se poser, les montagnes, témoins ombrageux (ce sont les orages qui les animent, les tempêtes et les torrents qui grondent) dominent toujours l’humanité de leur masse écrasante.

Cependant le verbe de Giono est limpide et clair, nul désespoir ne l’entache, ses caractères, si puissamment charpentés, inspirent une confiance immédiate, comme magnétique. J’aime ces hommes aux regards droits qui arpentent les grands chemins avec leurs lourdes chaussures et leurs vestes de velours côtelé, j’aime la vigueur intemporelle de ces récits que l’anecdote ne distrait pas.

 
 
 

Ti, septembre 2005

 

Par Ti - Publié dans : Errer parmi l'azur...
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Vendredi 29 juillet 2005 5 29 /07 /Juil /2005 00:00

Vous avez, chères amies, de ces visages de pierre. Réveillez, réveillez vos beaux visages flous. Vos regards sont à l'image du temps, la brume les envahit et vous arborez des airs si  pensifs.

Souriez, souriez, beaux regards songeurs. Vos voyages sont doux et vos pensées s'envolent, à l'entour des mots qui vous bercent, des paysages se déroulent, comme en un voyage rêveur, et vous dispersent.

Charmants nuages qui flottez, en ces détours incertains, déposez vos lambeaux de pensées, déposez. D'arpenteuses saisons se modulent auprès de vos intérieures divagations et vous occupent, et vous dispersent. Il y a en vous des nuages qui se déclinent.


(Chœur) " Nous avons vu naître des journées, matins aux aubes mordorées, rayons chauds. Nos regards se sont tournés, tels fumerolles légères au vent chavirées, vers la lumière rougie de l'instant.

Il y avait des routes, sinueuses, chemins dédoublés, elles montaient haut. Nous, du bas, nous regardions les routes longues. Nous n'en espérions nulle fin. Elles étaient hautes, loin, et peu d'ombre. On les voyait toutes, nos regards embrassaient ces jalons, nous ouvrions grands les yeux.

Plus loin, des couleurs s'instillaient sur pupilles. Tonalités brèves, tout vibrait uniment. Un son coloré s'étirait par delà des gammes closes, en échappée légère. Peu d'ombre autour, déjà de la chaleur.

A l'opposé, vers d'autres, en retour brusque, rien. Du vide."


Mais déjà des ombres, en zone froide, s'amoncellent, noires,  par-dessus nos visions belles. Que sont ces ombres, amies farouches, qui vous troublent ?

Par Ti - Publié dans : Errer parmi l'azur...
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